FOIRE AUX QUESTIONS FACILE À LIRE

Cette foire aux questions a été créée par la Fill et les structures régionales pour le livre, à la suite du webinaire « Outils et conseils pour monter et faire vivre un espace Facile à lire ».

Organisée par thématiques, elle répond aux questions que se posent l’ensemble des professionnel·les et bénévoles du champ culturel, social, pénitentiaire, éducatif, médico-social sur la démarche Facile à lire. 

Questions générales autour du Facile à lire

Comment obtenir le label "Facile à Lire" ?

Afin de faciliter le déploiement du « Facile à lire » sur tout le territoire, le ministère de la Culture a acquis les droits de ce logo et le met gracieusement à la disposition des collectivités et des associations qui souhaitent identifier un espace et des collections correspondant à la démarche « Facile à lire ». Ainsi, pour obtenir le logo, il suffit de remplir le formulaire en ligne.
En cas de difficulté d’affichage de ce dernier ou si la démarche en ligne n’aboutit pas, il ne faut pas hésiter à recommencer la procédure ou à contacter son ou sa référent·e au sein de la structure régionale pour le livre ou de la bibliothèque départementale de son territoire.

Comment faire durer ce dispositif ?

La vitalité de ce dispositif va dépendre à la fois de la dynamique partenariale enclenchée et du nombre de personnes de votre équipe impliquées dans la démarche FAL. Il est également capital d’intégrer le dispositif dans le projet global de votre établissement et de former- ou bien a minima de sensibiliser – l’ensemble de l’équipe aux enjeux du FAL.
L’inauguration de l’espace FAL constitue également un moment stratégique important : il permet de montrer aux élu·es et directions l’intérêt de la démarche.
Vous trouverez dans le guide en ligne Monter et faire vivre un espace Facile à lire en bibliothèque et ailleurs des exemples d’inauguration d’espaces Facile à lire (p.26).

 

 

Quels sont les écueils ou les erreurs à éviter lorsqu'on se lance dans la démarche ?

Lorsque l’on se lance dans la mise en place et l’animation d’un espace Facile à lire, plusieurs écueils sont possibles :
– Infantiliser les publics en proposant des livres trop enfantins (même si un certain nombre de livres de littérature jeunesse peuvent s’adresser aussi à des adultes) ;
– ne pas proposer régulièrement des médiations autour du fonds ;
– ne pas inclure les publics concernés et les partenaires qui les accompagnent dans le choix des livres ;
– se limiter aux romans « simplifiés » sans diversifier les supports ;
– réduire sa sélection à des livres courts, se fier uniquement au format des livres sans vérifier par exemple la complexité du vocabulaire ;
– négliger la matérialité de l’espace, l’attractivité visuelle du mobilier et du lieu ;
– Se lancer dans la démarche, sans avoir étudié les publics de son territoire, sans avoir rencontré les partenaires ni sensibilisé les élu·es et les équipes, sans avoir pensé les médiations ni préparé le lancement de l’espace, sans avoir réfléchi aux éléments de communication.

Quelles thématiques de livres fonctionnent bien auprès des publics éloignés de la lecture ?

Toute thématique peut fonctionner à condition de partir des besoins réels des publics concernés. Il est préférable d’impliquer le plus possible les partenaires et les publics qu’ils accompagnent dans le choix des livres qui seront retenus. Comme pour tout public, il s’agit également de diversifier les thématiques des livres car les centres d’intérêts et les profils des lecteurs et lectrices potentiel·les sont variés.

Quelles sont les formations existantes sur le FAL ?

Les professionnel·les de bibliothèques peuvent se tourner vers les bibliothèques départementales de leur territoire. Certaines d’entre elles proposent des formations sur le Facile à lire, de manière ponctuelle ou régulière. Ces formations peuvent être ouvertes à d’autres professionnel·les travaillant dans des structures départementales. Les équipes des bibliothèques territoriales peuvent également se former auprès du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) ou auprès des Centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques.
Certaines structures régionales pour le livre (SRL) organisent aussi des journées interprofessionnelles ou des visio-conférences sur le Facile à lire. En complément de leur offre, la Fill propose un cycle de trois webinaires sur le Facile à lire pour 2026, qui seront disponibles en replay sur la chaîne Youtube de la Fill.

Constitution d’un fonds Facile à lire, sélection des collections

Revoir le webinaire « La création et l’entretien d’un fonds documentaire Facile à lire » 

Sur quels critères acquérir des livres pour alimenter le fonds FAL ? Comment sélectionner les ouvrages qui vont intégrer ce fonds ?

Une grande partie des ouvrages du fonds Facile à lire sont issus des fonds courants de la bibliothèque. Il n’est donc pas nécessaire d’acquérir d’emblée de nouveaux livres pour constituer le fonds. Les modalités de gestion du fonds, que ce soit le pilonnage ou le renouvellement, sont les mêmes que pour les autres fonds de la bibliothèque.
Concernant les critères permettant de déterminer si un document peut être intégré dans le fonds Facile à lire, des ressources existent déjà en la matière, telles que la fiche d’analyse des critères d’un document FAL, établie par la bibliothèque départementale du Nord, ou bien la liste des critères réalisée par la Bibliothèque publique d’information à partir de ceux définis lors de la journée Facile à lire organisée par Normandie Livre & Lecture. Un webinaire est également organisé à ce sujet par la Fill.
Il est recommandé de créer au sein de sa structure un comité de sélection des livres Facile à lire, réunissant à la fois des bibliothécaires, des libraires, des partenaires du champ social et de la lutte contre l’illettrisme, ainsi que des personnes rencontrant des difficultés d’accès à la lecture.

Combien faut-il de documents pour démarrer ? Quelle est la fréquence du roulement ?

Des préconisations officielles existent en termes de mise en place et de renouvellement du fonds. Elles sont inscrites dans la Charte d’utilisation du logo Facile à lire, qui est disponible sur le site du ministère de la Culture.

Certains éditeurs portent-ils une attention particulière au Facile à lire ?

Même si la plupart des ouvrages Facile à lire sont issus de l’édition courante, il existe quelques maisons d’édition qui se sont spécialisées dans le Facile à lire. Les éditions belges Weyrich proposent une collection de livres Facile à lire, intitulée La Traversée. Les auteurs et autrices de cette collection écrivent spécifiquement pour les publics éloignés de la lecture. Leurs écrits sont ensuite relus par des personnes en formation d’alphabétisation. En France, l’association Li[b]re a repris cette démarche éditoriale collaborative et co-dirige la collection FASIL, éditée par la maison d’édition Goater.

Quels types de documents trouve-t-on dans un fonds Facile à lire ?

La question à se poser, comme pour tout fonds documentaire à constituer, est la suivante : à quel public s’adresse-t-on ?  Le Facile à lire s’adresse à des profils de publics très différents : personnes en situation d’illettrisme, personnes primo-arrivantes, personnes âgées, ayant des difficultés de concentration ou de mémoire, des troubles de l’attention, etc. La constitution du fonds FAL dépendra donc des partenariats noués avec les structures accompagnant ces publics : la « coloration » du fonds ne sera pas la même si l’on s’adresse aux jeunes d’une école de la deuxième chance, si l’on travaille avec un centre de ressources illettrisme et analphabétisme, ou si l’on travaille avec une association qui accompagne des mineur·es non accompagné·es. En fonction des publics de son territoire et des structures partenaires, il est donc possible de faire une place au jeu, à des livres de littérature jeunesse, à des supports audio-visuels, à des document en français langue étrangère, à des livres en grands caractères, aux collections pour personnes dyslexiques, etc. Plus le fonds sera varié, plus il aura de chances de toucher des publics différents.

Animations et médiations

Des exemples d'actions concrètes mais simples à mettre en œuvre pour faire vivre le fonds

Un premier niveau d’animations, simple à mettre en place mais essentiel, est l’organisation régulière de présentations de l’espace Facile à lire, de manière groupée (en lien avec les partenaires) ou individuelle.

Vous trouverez d’autres exemples d’animations dites « courantes » aux pages 26-27 et 30-31 du guide Monter et faire vivre un espace Facile à lire en bibliothèque et ailleurs : lectures à voix haute, clubs de lecture, ateliers de conversation autour d’un livre du fonds, siestes littéraires, etc.
Il est également possible d’organiser des ateliers pratiques à partir des ouvrages de l’espace FAL : réalisation de photographies, de capsules vidéo ou audio; ateliers de tricot, jardinage, etc. (voir les pages 30-31 du guide Monter et faire vivre un espace Facile à lire en bibliothèque et ailleurs).

Sur le site Facile à lire en Bretagne, vous découvrirez également de nombreux articles sur les actions menées par les bibliothèques bretonnes dans le cadre du prix Facile à lire de la région. Ces médiations sont variées et documentées de façon très concrète.

Des astuces et des conseils pour dédramatiser le rapport à l'écrit et redonner le goût de la lecture

Tous les exemples d’animations cités plus haut contribuent à transformer le regard porté sur la lecture : moments festifs autour des livres, lectures à voix haute, ateliers de conversation, échanges avec des auteurs et autrices, clubs de lecture…ces médiations font de la lecture un lieu de rencontre et de partage, bien loin d’une pratique scolaire ou administrative individuelle.

Dédramatiser le rapport à l’écrit passe également par l’organisation d’activités pratiques autour des livres (voir les pages 30 et 31 du guide Monter et faire vivre un espace Facile à lire en bibliothèque et ailleurs) : elles permettent aux participant·es de dissocier le livre d’une situation d’échec, en valorisant d’autres compétences que l’écriture et la lecture.

Des exemples de médiations en direction de publics spécifiques : jeunes, les personnages âgées, personnes hospitalisées, en situation d'apprentissage du français, etc.

Le Livret de fiches de médiations réalisé par Livre et lecture en Bretagne et les quatre bibliothèques départementales bretonnes propose des pistes de médiations à partir des ouvrages de la sélection du prix Facile à lire en Bretagne. Il précise pour chaque médiation le public cible (personnes âgées, jeunes éloignés de la lecture, personnes allophones, en situation d’illettrisme ou de handicap, etc.), la durée de la médiation et le matériel requis. Il est possible de dupliquer l’animation décrite dans le Livret à d’autres livres abordant la même thématique.

À quelle fréquence faut-il organiser des médiations pour faire vivre le fonds ?

La fréquence dépendra forcément des partenariats mis en place avec les structures locales et du nombre de personnes disponibles dans l’équipe pour participer à l’organisation des animations. Il peut toutefois être judicieux d’intégrer la présentation du fonds Facile à lire dans le projet global de la bibliothèque : cela permettra aux autres membres de l’équipe de mentionner l’existence du fonds Facile à lire, par exemple lors d’une intervention hors-les-murs, dans un EHPAD, un établissement pénitentiaire, un établissement scolaire, etc.
Au delà des temps d’animation, mettre régulièrement le fonds en avant auprès de tout type de public se rendant dans votre structure, faire circuler le meuble Facile à lire dans l’espace (s’il s’agit d’un meuble mobile) sont des actions qui participent pleinement à faire vivre les collections. L’enjeu n’est donc pas seulement d’organiser régulièrement des animations mais de rendre le fonds visible au quotidien.

Idées reçues sur le Facile à lire

Quelle est la différence entre le Facile à lire et le Facile à lire et à comprendre (FALC) ?

Le FALC est un ensemble de règles de traduction et de présentation des documents qui les rendent compréhensibles aux personnes en situation de handicap mental, psychique ou cognitif. Il s’agit d’une forme de communication simplifiée, qui est utilisée non seulement pour des livres mais aussi des documents administratifs ou des sites internet. En bibliothèque, les livrets d’accueil peuvent être rédigés en FALC.

Le FAL est un dispositif de médiation visant à permettre à des personnes rencontrant des difficultés avec la lecture de renouer avec cette pratique. Le public du Facile à lire est bien plus large que les personnes en situation de handicap mental, psychique ou cognitif.

Comment communiquer sur l'espace FAL sans que cela ne paraisse stigmatisant ? Comment montrer à son équipe que créer un fonds Facile à Lire n'est pas discriminatoire, mais au contraire inclusif ?

La diversité des thématiques et des types d’ouvrages présents dans un espace Facile à lire peut intéresser tout type de lecteur ou lectrice, y compris des lecteurs et lectrices aguerri·es. Une grande partie des documents peuvent intéresser un grand nombre de personnes, par les sujets qu’ils abordent avec subtilité. SI ces documents sont faciles d’accès, ils ont une profondeur et une qualité éditoriale. Un texte clair ne signifie pas qu’il est linguistiquement pauvre.

Il est important, pour les publics qui ont du mal à se repérer dans l’offre de livres pléthorique de la bibliothèque, d’identifier facilement cet espace, notamment grâce au logo apposé sur le meuble. Avoir un espace Facile à lire repérable permet de donner une vraie place aux personnes éloignées de la lecture, peu familières des bibliothèques. Il s’agit donc d’en faire un espace convivial, attractif : cette attractivité est aussi une façon de valoriser les publics concernés.